Ouassem Nkhili, musicien

C’est l’esprit d’équipe qui anime les choix de cet artiste musicien, toujours en action. Il ne cesse de multiplier les rencontres, d’investir de nouveaux champs d’action et de réflexion.

 

Ouassem Nkhili n’a rien perdu de ses années de formation. Au lycée Clémenceau de Nantes, il se confronte à « une démarche de troupe » et vit une expérience de cirque : « circassien et technicien » comme il se plait à le souligner. Naissent alors les premières perceptions de ce qu’il décline encore aujourd’hui : « c’est la notion d’équipe qui me motive, je ne suis pas un mercenaire du culturel ». 

À l’écouter raconter son parcours, on pourrait croire que Ouassem Nkhili est un touche à tout. En fait, il est gourmand d’univers à croiser. Trois années passées à l’université de Bordeaux en sciences du langage nourrissent son appétit de découverte. Il intègre une batucada, exerce en parallèle des fonctions d’animateur périscolaire. Et là tout se précise. À l’école de musique de Talence, il apprend le trombone, devient assistant dans un projet d’orchestre à l’école. « Mon professeur de trombone m’a parlé du DUMI1, alors je me suis formé, une sorte de parcours en accéléré, je suivais aussi les cours de formation musicale avec les petits ! » Travailleur acharné et curieux, il trouve ce qu’il cherchait confusément. « J’ai compris que je voulais être en contact direct avec l’objet artistique. » Il choisit le CFMI de Tours. 

 

S’APPUYER SUR L’INTELLIGENCE COLLECTIVE

 

Ouassem témoigne de son intérêt pour rassembler les acteurs. « Je me suis investi dans l’association régionale des musiciens intervenants. » L’appétit toujours… Et la curiosité qui le pousse à partir, diplôme en poche, un an à Montréal. « Là-bas j’ai fait énormément de chant (on chante beaucoup dans ma famille). » Bénévole dans des festivals, il n’en délaisse pas pour autant l’association des

musiciens intervenants*, des rendez-vous sur Skype maintiennent le lien. Ouassem est un fidèle, à ses convictions, à ses engagements. Cette expérience québécoise l’enrichit. « J’ai compris les enjeux des réseaux pour valoriser une pratique et à quoi servent la communication et la logistique au service d’un projet artistique. » De retour en France, il devient attaché à l’éducation artistique des projets de Charlotte Nessi (compagnie Justiniana). À l’issue de cette année riche en nouvelles pratiques, il se demande « pourquoi l’éveil devient une technique et pourquoi ne reste-il pas une attitude ? J’ai réfléchi à la nécessité de préparer un projet en amont et de s’appuyer sur l’intelligence collective. » Ouassem Nkhili est depuis 2012 professeur médiateur pour le Pôle culturel de Coëvrons qui regroupe trois services : le Service Culturel, le Conservatoire à Rayonnement Intercommunal et la Lecture Publique. Il travaille en binôme avec la directrice du conservatoire « dans une démarche transversale, conçue pour que le conservatoire et la saison culturelle fonctionnent ensemble ». 

 

L’ÉTAT D’ÉVEIL EST UN ÉTAT AUTHENTIQUE

 

« On ne se demande pas assez pourquoi un élève cesse sa pratique quand il quitte le conservatoire. Lui a-ton transmis suffisamment d’implication dans son rapport à la musique pour qu’il l’investisse dans sa vie ? Cela renvoie à la notion de présence, de disponibilité à l’instant, si vraie dans l’éveil du tout-petit. L’état d’éveil est un état authentique… Pour avancer, on est obligé de quitter la priorité technique pour être dans l’intention ; cela s’applique aussi bien en lieu d’accueil qu’en école de musique ! Dans le chant, c’est le geste vocal qui guide la voix. Avec l’enfant c’est exactement la même chose : il faut préserver cet élan et avoir un regard bienveillant sur ce que l’enfant propose. Il faut d’abord reconnaître un besoin et permettre à l’enfant de prendre un maximum de décisions. Il me parait important de sortir des réflexions du monde éducatif pour fixer des objectifs : l’enfant ne sait pas faire, il saura faire avec beaucoup d’aide, un peu avec de l’aide, il saura faire seul et aider d’autres à faire… » Un cahier des charges que l’on aimerait voir appliqué dans bien des situations.

• HK

1 – DUMI : diplôme universitaire de musiciens intervenants, délivré dans l’un des 9 CFMI, centre de Formation de Musicien Intervenant à l’école élémentaire et ré-élémentaire.

Ouassem en 4 dates…

2008 – CFMI de Tours

2010 – Musicien à Montréal

2011 – Musicien intervenant à Lyon

2012 – Pôle culturel des Coëvrons

Pôle culturel des Coëvrons
Boulevard du Maréchal Juin
53600 EVRON
Tél. : 02 43 01 94 76
http://coevrons.c3rb.org

*FNAMI
Fédération Nationale des Musiciens Intervenants
http://musiciensintervenants.wikispaces.com

Territoires d’éveil n°1

Publication : Juin 2014
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