Laurence Salvadori, danseuse et chorégraphe

Laurence Salvadori a fondé en 1996 la compagnie Ouragane. Dans toutes les facettes de son travail, il est question d’échanger, de transmettre et de s’émouvoir.

 

La compagnie a orienté son travail de recherche chorégraphique en direction du jeune et du très jeune public, s’attachant tout particulièrement aux conditions d’accueil des jeunes enfants dans les lieux culturels, à la communication enfants/parents à travers le mouvement dansé et aux projets de formation pour les professionnels de la petite enfance. 

Territoires d’éveil : Interprète et chorégraphe, vous vous intéressez à d’autres domaines artistiques.

Laurence Salvadori : La danse est mon langage privilégié, c’est de là que je viens, mais j’aime mêler cette discipline à d’autres modes d’expression comme le théâtre d’objets, les marionnettes, la vidéo ou la musique. Les collaborateurs réguliers de la compagnie viennent d’horizons diversifiés, il y a certes des danseurs mais aussi des comédiens, des graphistes, un compositeur, deux plasticiennes…

Par goût personnel, je conçois des narrations très ouvertes avec pas ou peu de mots. Le spectacle est prétexte à l’imaginaire, chacun peut y inscrire sa propre histoire. J’ai commencé avec le Solo Murmure dans les lieux de vie de la petite enfance, la proposition a ensuite évolué vers la scène. Je suis passionnée par la marionnette. À l’occasion du spectacle Si ça se trouve les poissons sont très drôles, j’ai créé mes premiers objets marionnettiques que je manipule sur scène.

TE : Votre dernier spectacle traduit aussi l’envie d’accompagner le spectateur… Comment s’adresser à tous ?

L.S. : Le spectacle commence dès l’accueil, connaître son public et l’accompagner fait partie des conditions nécessaires pour recevoir une proposition artistique. Ce sont les adultes qui intellectualisent, ont du mal à se laisser aller et induisent des comportements. J’ai envie de retrouver des fondamentaux de l’enfance et de ses jeux (le coucou/caché par exemple !) et de travailler « la part d’enfance » qui est en chacun de nous. Dans les « poissons » il s’agit de ne pas diluer l’attention, de créer un nouvel événement régulièrement pour engendrer des surprises, de jouer avec l’humour et la poésie en s’adressant à tous. Dans cette dynamique, chacun peut vivre son temps de représentation. 

TE : Votre recherche est pensée pour s’adapter à tous les lieux ?

L.S. : Même si l’on se trouve dans la proximité comme en crèche, il faut toujours isoler le spectacle de la réalité quotidienne du lieu. On peut jouer dans un lieu de vie, à nous de créer une frontière symbolique même si le jeu « les yeux dans les yeux » n’est pas le même ! La représentation frontale peut poser problème au tout-petit. Le spectacle Globulus, plus intime, était très adapté dans sa forme. Avec Pince-moi je rêve (créé par Marie-Amélie Pierret, et que j’ai accompagné) nous avons élaboré deux configurations en fonction des lieux. Certaines formes vont « basculer » vers le plateau, d’autres restent des spectacles de proximité, dans tous les cas de figure, accompagner l’équipe reste un travail de délicatesse…

TE : Vous développez des ateliers parents/enfants, des actions de sensibilisation, de formation des professionnels de l’enfance. Cette dimension complète les spectacles ?

L.S. : J’aime quand il y a tous les volets d’un projet, notre rôle d’artiste est alors identifié en tant que tel. Aujourd’hui, la diminution des moyens laisse peu de place aux projets de fond ; c’est pourtant là que l’on peut aller plus loin et travailler avec les équipes, les parents, c’est permettre de déployer l’espace de nos recherches (retrouver la respiration, la conscience du corps, les appuis, le sol, la sphère…). Le spectacle fait frissonner, vibrer ; les projets partagés prolongent cet espace de sensation. 

Je réfléchis à une nouvelle petite forme qui pourra répondre aux souhaits d’accueillir le spectacle dans les lieux de vie mais aussi de sortir pour aller le voir : j’aime beaucoup jouer en deux versions selon le contexte. Et puis, la compagnie va s’installer en Basse-Normandie où j’habite depuis maintenant 4 ans, car j’ai envie de développer des choses chez moi, de tisser des liens, d’investir un territoire avec une compagnie qui connaisse son public…

Propos recueillis par Hélène Kœmpgen

Années 70 : Formation auprès de Françoise et Dominique Dupuy, interventions en milieu scolaire.

Années 80 : Créations pour la Cie Arcane qu’elle co-dirige avec M.F. Meunier.

Années 90 : Participe à l’implantation de la Cie l’Esquisse et suit la formation longue durée (450h) consacrée à l’éveil culturel et artistique du tout-petit, proposée aux artistes par Enfance et Musique.

1996 : Création de la Cie Ouragane.

Compagnie Ouragane

La Fenêtre
61130 IGE
Tél. 02 50 77 50 88
06 83 01 79 89
www.ouragane.net

Territoires d’éveil n°4

Publication : Juin 2015
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